Maduro rejette l’ultimatum européen : pas de présidentielle au Venezuela

Venezuela's President Nicolas Maduro gestures as he speaks during a rally in support of the government and to commemorate the 20th anniversary of the arrival to the presidency of the late President Hugo Chavez in Caracas, Venezuela February 2, 2019. REUTERS/Manaure Quintero NO RESALES. NO ARCHIVES.

Le chef de l’État vénézuélien, Nicolas Maduro, a rejeté dimanche soir l’ultimatum de plusieurs pays européens pour l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle, tandis que ces membres de l’Union européenne ont promis de reconnaître dans ce cas le président du parlement tenu par l’opposition, Juan Guaido, comme président par intérim du pays dès lundi. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déclaré ce lundi matin que Juan Guaido «a[vait] la légitimité pour organiser des élections» présidentielles. Dans un entretien avec la chaîne de télévision espagnole La Sexta, Nicolas Maduro a déclaré qu’il ne ferait pas preuve de «lâcheté face aux pressions» de ceux qui réclament son départ. L’Espagne, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, le Portugal, rejoints dimanche par l’Autriche, exigeaient de Nicolas Maduro qu’il annonce la convocation d’une présidentielle anticipée, faute de quoi ils reconnaîtraient à partir de lundi Juan Guaido, 35 ans, comme président. «Pourquoi faut-il que l’Union européenne dise à un pays du monde qui a déjà organisé des élections qu’il doit refaire son élection présidentielle, parce que ce ne sont pas ses alliés de droite qui l’ont gagnée?», s’est interrogé Nicolas Maduro, qui s’exprimait depuis Caracas. Nicolas Maduro a remporté avec 68% des voix l’élection présidentielle de décembre dernier, mais celle-ci a été jugée irrégulière par une partie de l’opposition qui a refusé d’y participer.
Quelques heures après l’expiration de cet ultimatum, Ottawa doit accueillir lundi matin une réunion de crise des ministres des affaires étrangères du Groupe de Lima, qui regroupe le Canada et une dizaine de pays latino-américains. Des «participants de l’ensemble de la communauté internationale» devraient également se joindre aux discussions, selon le ministère canadien des Affaires étrangères. Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo y participera par vidéoconférence, a indiqué le département d’État. Et l’Union européenne pourrait aussi y prendre part.
«Trois piliers de la crise»
Cette réunion, censée débuter à partir de 9h00 locales (14h00 GMT), vise à discuter des «trois piliers de la crise vénézuélienne», selon l’expression de la diplomatie canadienne: humanitaire, économique et politique. Dimanche, le premier ministre Justin Trudeau, qui s’est impliqué personnellement dans cette crise, a d’ailleurs téléphoné à Juan Guaido. Les deux hommes ont appelé à l’organisation d’une présidentielle «libre et juste» et réaffirmé «l’illégitimité» de Nicolas Maduro.
Si Nicolas Maduro n’organisait pas de présidentielle, avait prévenu dimanche la ministre française des Affaires européennes Nathalie Loiseau, «nous considérerons que Juan Guaido est légitime pour les organiser à sa place et nous le considérerons comme le président par intérim jusqu’à des élections légitimes». «Ce que répond jusqu’à présent M. Maduro, c’est ‘je vais organiser des élections législatives’, sous-entendu ‘je veux me débarrasser du président du Parlement (où l’opposition est actuellement majoritaire, ndlr), M. Guaido’, qui est justement soutenu par les manifestants. Là encore, cette réponse est une farce, une farce tragique», ajoutait-elle.

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